Dans l’Oostvaardersplassen, des hivers meurtriers posent la question de la gestion animale

Un polder destiné à l’industrie n’a jamais été bâti. Laissé à lui-même, il s’est couvert de roseaux et de saules, attirant oies cendrées et migrateurs.

Franck Delpech Par Franck Delpech
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Dans l’Oostvaardersplassen, des hivers meurtriers posent la question de la gestion animale
Photo d’illustration. Des oies survolent un marais : une image qui illustre le thème des hivers et de la gestion animale dans l’Oostvaardersplassen, sans montrer ce lieu.

En bref

  • Le polder du Zuid Flevoland, asséché en 1968, devait recevoir des usines qui n’ont jamais été construites.
  • Roseaux, saules et oies cendrées ont investi la friche, devenue l’Oostvaardersplassen.
  • Chevaux konik, bovidés et cerfs y contiennent les saules depuis l’introduction décidée par les gestionnaires.
  • Depuis 2018, le site fait partie du parc national Nieuw Land.

Un terrain arraché à l’eau pour porter des usines, puis abandonné à lui-même : c’est ainsi que commence l’histoire d’un espace naturel néerlandais devenu un lieu de passage pour de nombreux oiseaux. Comme le raconte Sciencepost, l’Oostvaardersplassen découle d’un projet industriel resté sans suite.

Un polder conçu pour l’industrie

L’année 1968 marque la fin du pompage de l’eau dans le polder du Zuid Flevoland, par les ingénieurs néerlandais. La surface asséchée couvre 5 600 hectares, destinés à recevoir des infrastructures industrielles. Il s’agit de l’étendue du polder lui-même, et non d’une superficie de marais créée par des oiseaux.

L’usine ne s’est jamais construite : les chantiers ont accumulé du retard et l’argent tardait à arriver. Laissé en l’état, le sol s’est peu à peu garni de roseaux, tandis que l’eau stagnait par endroits. Cette évolution a produit une zone humide eutrophe, autrement dit riche en nutriments.

Le pays a pour habitude, depuis des siècles, de gagner du terrain sur la mer. Selon Sciencepost, ce nouveau polder était vu comme une opportunité économique importante, dans le prolongement de cette tradition de conquête territoriale.

Saules, oies cendrées et oiseaux migrateurs

Dans le secteur le plus sec, des saules ont poussé en masse, avec des centaines de jeunes plants au mètre carré. Dans les parties plus humides, les oies cendrées se sont établies en nombre avant même que le site ne reçoive le moindre accueil officiel.

La diversité des oiseaux a ensuite augmenté. Le pygargue à queue blanche figure parmi les migrateurs qui y font étape.

Face à cette évolution, les autorités néerlandaises ont abandonné l’idée industrielle, d’où la naissance de l’Oostvaardersplassen. Une clôture partage désormais le territoire : le nord réunit l’eau et les marais, le sud des zones pâturées.

Les oies cendrées y ont trouvé, d’après Sciencepost, une sorte de garde-manger à ciel ouvert. Le terrain, sans présence humaine permanente, offrait en outre beaucoup de ressources alimentaires aux espèces sauvages qui s’y sont invitées.

Des herbivores pour garder le milieu ouvert

En colonisant le secteur sec, les saules menaçaient de refermer le paysage et de supprimer les habitats dégagés dont les oies cendrées ont besoin. Pour maintenir ces étendues ouvertes, les gestionnaires ont fait venir des chevaux konik, des bovidés proches de l’aurochs et des cerfs, dont le pâturage devait jouer ce rôle. Ce sont donc ces grands herbivores, et non les oies, qui contiennent les saules.

Quatre dates jalonnent l’histoire du site :

  1.  : fin de l’assèchement du polder du Zuid Flevoland, pensé pour accueillir des usines.
  2.  : attribution du statut de Monument naturel national.
  3.  : reconnaissance au titre de la convention de Ramsar comme zone humide d’importance internationale.
  4.  : rattachement au parc national Nieuw Land.

Des hivers meurtriers et un nouveau cadre

La façon dont le site est géré a suscité des critiques à plusieurs reprises. Lors d’hivers rigoureux, de nombreux grands herbivores sont morts de faim : la clôture qui entoure le territoire les empêchait de migrer vers de meilleures conditions.

Depuis 2018, l’Oostvaardersplassen fait partie du parc national Nieuw Land. Cette structure cherche à mieux concilier la protection de la biodiversité et une régulation raisonnée des populations animales.

Le même article souligne que l’espace s’est construit sans plan directeur, ce qui rend sa gestion délicate. Pour les premiers gestionnaires, la nature s’y était réinstallée avec vigueur, mais elle se heurtait aux limites posées par l’activité humaine, notamment par la clôture qui enserre le territoire.

Illustration générée par IA

Franck Delpech

Conseils, races, adoptions, assurances et curiosités

Franck Delpech

Franck Delpech a travaillé en refuge pendant plusieurs années, à l'accueil des adoptants puis à la coordination des familles d'accueil. Il écrit pour L’Animalier sur les races, l'adoption et l'assurance santé animale : caractère, besoins, coût d'entretien et démarches. Il a adopté sa chatte au refuge où il travaillait.